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sábado, 31 de octubre de 2026

Isaac

 




Je me suis réveillée avec une nouvelle affreuse : un jeune homme de 18 ans s’est fait frapper par un automobiliste en fuite de la police. Le jeune cycliste, qui circulait sur une voie vélo, n’avait aucune chance de s’en sortir ; le coup l’a fait virevolter dans les airs et atterrir à plusieurs mètres de la piste qui devait le garder en sécurité.

18 ans, l’âge de mes élèves. Mes élèves qui s’assoient de mauvaise grâce derrière des bureaux qu’ils gribouillent de traits au crayon à mine; des airs blasés, fatigués, dès le matin. L’envie d’être ailleurs, le téléphone au creux de la main, à regarder des vidéos courtes ou à jouer à leurs jeux imbéciles.

 Mes jeunes qui se demandent pourquoi ils sont là, à apprendre le français, alors qu’ils ont passé deux ans d’accueil (cette classe qui était censée les préparer à poursuivre le secondaire).

La majorité est arrivée au Québec il y a deux ans, juste avant de finir le secondaire dans leur pays d’origine, juste avant de finir cette étape où ils sont réunis par âge et non par compétences. Et maintenant, ils se retrouvent sans diplôme, voyant sur les réseaux sociaux leurs anciens camarades graduer, entrer à l’université ou poursuivre…  Tandis qu’ils sont dans un centre pour adultes à apprendre les compléments du nom, la conjugaison du conditionnel ou, pire encore, celle du subjonctif, avec une prof folle et un peu histrionique qui leur crie de ranger leur appareil mobile.

Cette année, je les trouve infantiles dans leur comportement, puis plus malhabiles : les lacunes en lecture, plus profondes, plus problématiques que celles d’anciennes cohortes… Je veux être compréhensive, patiente, ouverte, mais la vérité, c’est que je soupçonne qu’ils font les enfants pour ne pas se heurter à leur nouvelle réalité, celle faite de trop de défis, trop d’échecs, trop de déviations de leurs projets de vie tels qu’ils se les étaient figurés plus jeunes. Il faut être sacrément adaptable, docile pour vivre une vie qu’ils n’avaient jamais pu imaginer. Je me mets à leur place, avoir 18 ans et effectuer des exercices des premières années du secondaire sans vraiment y parvenir, il faut beaucoup de maturité pour le faire. Ils ne savent plus ce qui est attendu d’eux.

Certains sont contents d’être ici : ils ont intériorisé le discours de leurs parents : sécurité, liberté et études… Études? Oui, mais ce n’est pas facile, le français ! Ils l’emmerdent, le français ! Ils viennent s’asseoir derrière leurs pupitres et voilà le travail. D’autres en veulent à leurs parents de leur avoir donné une vie compliquée, alors qu’elle était censée être meilleure. Pourquoi les demandeurs d’asile ne peuvent-ils pas aller à l’école publique ? Ils ne comprennent pas, d’ailleurs, ils emmerdent le système qui les sépare de leurs amis de la polyvalente. Ils sont perdus, blasés et se sentent incompétents.

Ils ont 18 ans. Ils veulent seulement être comme les autres, les amis d’avant, les amis de l’école secondaire, ceux qui ont réussi à finir; ils veulent que les étapes soient plus courtes, l’avenir plus bleu comme le ciel ou rose, comme… et puis merde les images ringardes. Je ne les blâme pas. Ils sont issus d’une génération où l’effort n’est pas stimulé de la même manière que dans d’autres générations. Beaucoup d’entre eux travaillent, 15, 20 ou parfois 30 heures par semaine.

Ils ont 18 ans et rêvent de gagner de l’argent, mais surtout que leurs parents soient fiers, satisfaits de leurs résultats. 

Je pense aux parents du jeune homme Isaac Larivée qui se rendait à son collège quand il a été fauché. Je pense à tous ces jeunes de 18 ans qui vivent autour de moi et j’ai le cœur qui saigne.

sábado, 10 de octubre de 2026

Dégénérescence

 



Un poco más allá de mi escritorio a través de la ventana, hay un gran arce plateado. Su corteza se desprende y las ramas altas, sin savia, se deshojan un poco. Sus ramas quebradizas me indican que ya tiene sus añitos. Aunque todavía siga fuerte, me gusta imaginar que tiene la edad de mi casa, cerca, cerquísima, de cien años. Desde que vivo aquí, tiene sus épocas buenas y otras malas. Este otoño tiene buen aspecto, para su edad, por supuesto.

El envejecimiento del árbol, de arriba para abajo, se parece al mío. Me río, sí, de arriba a abajo. Ya hace tiempo que mis ojos no sirven para nada. No quiero ni pensar en mis oídos o en mis articulaciones; tengo una rodilla rota que me impide ser la saltimbanqui que creo ser. Y lo demás, y lo demás, ay. Me aterra pensar que la memoria se va por las ramas. La falta de enfoque, la lentitud, la concentración diluida. Todo me indica que estoy en la pendiente, cuesta abajo.

Sin embargo, este otoño, me siento tranquila, menos ansiosa que en mi estado natural. Lo que viene, viene, lo que se va, se va; ando algo más filosófica, menos intensa, sobre todo. Bastante alegre a pesar de la vida.

Al igual que mi árbol, me veo convirtiéndome en refugio para mis seres queridos, hijos y amigos, mis raíces transportando lo poco de bueno que puedo rescatar y compartir. En cuanto me siento a corregir sobre este escritorio y levanto los ojos, siento una afinidad cómplice con mi tronco verde y gris. Un viejo amigo.


miércoles, 9 de septiembre de 2026

Es verdad

Excuse-moi d'avoir tant tardé à te répondre, mais quand ta lettre est arrivée, j'étais au fond du jardin.







 


Alphonse Allais (1854-1905), lettre à Jules Renard,  in Les Pensées, Paris, 1987.

martes, 21 de julio de 2026

Estrellas y fantasmas

[...] Fuselli decía que muchas de las estrellas que brillan en el cielo en realidad se extinguieron hace millones de años y que lo que vemos es la luz que aún viaja por el espacio. Sostenía que las personas también emiten una radiación y que, después de muertas, esa radiación sigue llegando hasta los vivos como la luz de las estrellas muertas, y que eso son los fantasmas. [...]
Ernesto Mallo ( El Policía Descalzo de la Plaza San Martín)

sábado, 27 de junio de 2026

Jalones del tiempo, trastos

Sentimental y acumuladora, lo soy un poco, aunque intento recuperarme. Al haber estudiado historia, la importancia de los papeles, documentos y cartas es fundamental para mí. Me río de mi mala fe. Esa es mi excusa. 

Dejo entreverados en mi casa testimonios de lugares donde fui, postales, fotos; también, por supuesto, facturas, tarjetas, cualquier cosita que deje constancia de momentos que viví. Me gusta también encontrarlos al abrir un libro, un cuadernito. Y como pompas de jabón, aparecen recuerdos. 

Soy incapaz de recordar nada. Padezco de una memoria deplorable, casi inexistente. Los nombres, las fechas, uhm, no, nada, casi nada. Por suerte, la tecnología tiene la capacidad de retener lo que mi cerebro no puede. Los archivos de los correos electrónicos y mis documentos inútiles, sin embargo, significativos, me llevan tal una máquina del tiempo a paisajes vividos y dibujados por un dato, una frase, un anuncio.

Cuando me agarra la locura de poner orden y tirar cachivaches, entonces me siento sobre la alfombra  y viajo; eso me gusta.

9-07-2011 "En un viaje hacia el norte de Perú, paramos primero en esta ciudad tranquila (Trujillo), plana, ancha, agradable. Nos iremos a ver Huacas y las huellas arqueológicas de Chan Chan,[...]"

Ya no me acordaba de cómo se llamaban las ruinas. Y con una ola venida de no sé dónde, siento el calor seco del sol de invierno peruano ese día. Un sol espléndido, unas ruinas maravillosas, un lugar laberíntico, ocre, un cielo azul. 





Una factura del 2005: reparaciones del auto Toyota que teníamos en Francia. Ni sabía que había sido una Avensis Línea Luna, creo que nunca lo supe, ya que los autos me importan poco. Me interroga la policía y voy a la cárcel, directamente.



Myriam y Vincent me mandaron una nota por la muerte de mi madre. Unas palabras de pésame sentidas, hermosas. No lo recordaba. No sabía ni de qué se habían enterado. No sé cómo viaja la información de un lado al otro del planeta.

Me levanto ya que  pasan las horas y solo he abierto un cajón de nada. Cierro el cajón al haber tirado un borrador, unos cacharros, nada más, sintiéndome muy afligida por mi total ineficiencia. Mi memoria desparramada entre mil cositas, sin funcionar donde debería. Un museo para reconstruir eventos de mi frágil vida, ya que no almaceno gran cosa.








sábado, 13 de junio de 2026

20 años


Sentir que es un soplo la vida
Que veinte años no es nada
Qué febril la mirada, errante en las sombras
Te busca y te nombra...