(...) Je suis dans un quartier résidentiel de Bucarest, je viens de sortir du métro. Le métro Grigorescu, du nom du grand peintre du 20 ème siècle roumain. Je ne sais pas du tout où se trouve le nord du sud et je dois m'orienter pour trouver un restaurant où une personne a laissé un paquet à mon nom que je dois récupérer.
J'avais acheté à Bran, une ville à coté de Brasov en Transylvanie, un village Disneyland pour les touristes qui viennent nombreux voir le chateau qui a été occupé par Vlad Tepes (le comte Dracula), une blouse traditionnelle roumaine, mais que j'ai bêtement oubliée dans la pension où je suis restée deux jours. Une amie qui est passée par la pension, l'a rapportée à Bucarest, et me voilà au milieu de la rue cherchant un restaurant, perdue comme un film russe sans son champ de blé, entre des appartments immenses qu'on appelle des Blocs. Devant moi, une avenue imposante, et sans carte ni boussole, je me lance à la recherche d'un raccourci.
Le soleil de plomb de la Roumanie était pour quelque chose dans ma décision. J'ai descendu une rue qui a mon avis m'éviterai de transpirer à demi-insolée, et étourdie par la chaleur extrème de l'été, et surtout qui me permettrai d'arriver plus vite.
Me voilà au bout de cinq kilomètres dans une autre avenue ayant marché par un quartier tzigane où les chiens errants venaient flairer mes souliers recouverts de poussière.
Pardon: nu vorbesc romaneste, ve rog, je cherche la rue Pascov.
You have phone? Use it
I don't have Internet, sorry
What? I don't understand, you have phone, GPS, use it
Sorry, I am a foreigner, I don't have Internet
Impossible de faire comprendre à cet homme que je ne suis pas connectée à des données. Ils n'ont pas de toilettes, mais tous les Roumains sont connectés. D'ailleurs en Roumanie (comme ailleurs, je suppose), personne ne marche dans la rue sans son téléphone à la main. Je n'ai rencontré personne qui n'en ai pas un branché au creux de la paume et qui marche le visage devant. Les têtes penchées sont maintenant le paysage urbain.
Un garagiste, plus aimable, m'a accompagné cent mètres pour me remettre sur le droit chemin, et au bout de 10 kilomètres, j'ai retrouvé ma blouse qui m'attendait sagement, au bout d'une rue perdue, d'un quartier à semi-industriel.
Les Roumains sont impatients et bagareurs, je ne sais pas bien le décrire. En espagnol, le mot est «calentón», qui s'échauffe vite, je ne sais pas s'il existe un mot pour cela. Ils ont des montées de lait rapides. Mais, derrière leur air exaspéré, ils sont très pret à aider. C'est juste un air, pas le coeur.
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